Le jeu d’échecs : un puissant outil d’acquisition des soft skills

Fort heureusement, tous les jeux ne sont pas numériques. Les écoles du monde entier semblent (re)découvrir le jeu d’échecs comme outil pédagogique de qualité, capable de catalyser les fonctions cognitives, le raisonnement logique et la prise de recul. Dans la sphère scolaire, les échecs ont longtemps été cantonnés au rôle de défi supplémentaire pour les surdoués, dans un certain élitisme qui ne rejoint pas la vocation autrefois populaire de ce jeu. Aujourd’hui, les échecs deviennent une activité éducative inclusive.

Les échecs : activité pédagogique transversale ou matière à part entière

Ce qui compte, ce ne sont pas les Rois, les Reines et les Tours, mais plutôt les quadrants et les coordonnées, la réflexion stratégique et la prévision des conséquences. Ce qui compte, c sont les lignes et les angles, l’arbitrage entre les différentes options et la rationalisation de la prise de décision. Les échecs sont, à bien des égards, l’un des outils pédagogiques les plus complets. Suivre des règles, anticiper, se projeter dans des scénarii probables… toutes ces activités déclenchent l’acquisition cognitive, mais aussi l’acquisition de compétences sociales qui feront la différence.

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Les échecs favorisent la concentration, la prise de décision et la responsabilité personnelle. Bien que l’apprentissage des échecs ne dépende pas de la langue, la verbalisation est améliorée lorsque les enfants s’expliquent leurs coups entre eux. En 2012, le Parlement européen a déclaré son soutien à l’introduction des échecs dans les systèmes éducatifs des pays de l’UE. Des millions d’élèves européens participent désormais à des programmes d’échecs scolaires ou extrascolaires.

En Arménie, tous les élèves de l’école primaire ont deux séances d’échecs par semaine à partir de la deuxième année. En Hongrie, les échecs sont une matière facultative. L’utilisation généralisée des échecs dans les écoles suédoises et danoises est dirigée par des associations d’échecs. L’Espagne reste toutefois pionnière en la matière, puisque les échecs sont à la fois utilisés de manière transversale (en activité de soutien pédagogique dans plusieurs matières) et en tant que matière propre à l’école primaire.

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Le jeu d’échecs : une activité accessible à tous les élèves

Chaque élève, sans distinction, pourra goûter aux plaisirs du jeu. Les échiquiers sont des pièces accessibles à tous. Il n’y a aucune différence de fond entre un jeu d’échec de luxe et un échiquier en plastique premier prix. Le jeu d’échecs offre aux élèves un terrain de jeu équitable, contrairement à d’autres activités qui nécessitent un équipement onéreux qui impacte le résultat final. Un jeu d’échecs standard de tournoi coûte moins de 8 €. Une pendule d’échecs, qui n’est nécessaire que pour jouer en tournoi, coûte moins de 25 €. Les élèves peuvent jouer ou suivre des leçons sur un ordinateur ou un smartphone gratuitement.

De même, le jeu d’échecs ne nécessite pas de terrain de jeu. On peut jouer sur une table ou même au sol, sans aucun problème. Plusieurs types de handicaps et de déficiences ne compromettent pas la capacité de l’élève à jouer aux échecs. Il n’est pas nécessaire de déplacer physiquement une pièce, ce qui rend les échecs accessibles à ceux qui ont des difficultés de motricité fine. Des échiquiers en braille sont disponibles pour les personnes ayant une déficience visuelle. Les échecs peuvent également aider les élèves souffrant de certains troubles. Il a été démontré que les échecs étaient bénéfiques pour la concentration et l’attention des élèves ayant des troubles à ce niveau.

Les échecs sont un jeu simple à apprendre. Il suffit de mémoriser les règles et les stratégies de base pour se lancer. Oui, les joueurs d’échecs experts possèdent une intelligence significativement élevée… mais c’est une conséquence de la pratique, et non l’inverse. Plusieurs études ont analysé les avantages cognitifs et éducatifs que les échecs offrent aux élèves. Une étude réalisée dans certaines écoles primaires de New York et de Los Angeles a démontré que les joueurs d’échecs avaient de meilleures notes en mathématiques mais aussi en langue comparativement avec les élèves ne jouant pas aux échecs.