Un candidat qui affirmerait d’emblée qu’il ne veut « pas être obligé de travailler tard » ou qu’il aimerait « éviter de devoir apprendre à me servir de PowerPoint » se verrait probablement écarté d’office.
Le fonctionnement de la période d’essai, par exemple, n’est pas à géométrie variable. La fermeture annuelle de l’entreprise ne permet de prolonger l’essai que si le salarié est lui-même en congé pendant cette période. Par ailleurs, impossible de conclure un CDD pour cause d’accroissement temporaire d’activité dans les six mois suivant un licenciement économique, sauf si le contrat ne dépasse pas trois mois et n’est pas renouvelable.
La promesse d’embauche aussi peut être suspendue à une condition : diplôme à décrocher, ouverture d’un établissement, ou obtention d’un marché. Les règles sont claires : ce qui figure dans la promesse fera foi lors de la signature du contrat. Si l’employeur modifie injustement l’intitulé du poste ou la rémunération, le salarié peut exiger réparation. Quant à la rupture abusive de la période d’essai, elle peut être retenue lorsque l’employeur a donné de faux espoirs ou n’a pas laissé au salarié le temps de montrer ce qu’il vaut.
Période d’essai ratée ? Comment rebondir
Exprimer son envie de rencontrer un futur collègue sans la direction n’ouvre pas toujours les portes, mais cela reste un réflexe sain. Rappel : chercher un emploi, c’est bâtir une carrière, mais c’est aussi payer les factures. Inutile donc de jouer les candides, mais inutile aussi de s’effondrer à la moindre embûche.
Même si des tensions ont existé avec un collègue ou un manager, inutile de laver son linge sale devant le recruteur. Les gestes trahissent souvent l’intention : un recruteur qui penche le buste en avant, paumes ouvertes, est engagé dans l’échange. Face à la question du pourquoi du départ, mieux vaut opter pour des réponses neutres, du type : « Je souhaite évoluer dans un nouvel environnement » ou « Mes objectifs professionnels ont changé ». Le Code du travail (articles 1242-14 et suivants) garantit d’ailleurs l’égalité entre CDD et CDI concernant les avantages collectifs.
Réponse rapide, parfois : certaines offres reçoivent des réponses en quelques heures, mais rien n’empêche de faire patienter un peu pour comparer les propositions. L’ambiance peut aussi jouer contre un recrutement : management par la peur, harcèlement, réprimandes publiques, RH dépassées… On finit par apprendre que le manager visé a déjà plusieurs dossiers sur le dos. Pour Guillaume Colein, poser des questions qui fâchent trop tôt peut donner le sentiment que l’entretien est une corvée. Mieux vaut attendre le bon moment.
Évoquer le salaire est normal. Mais demander d’entrée combien de congés vous aurez ne passe pas. Deux entretiens, tests personnalisés, sueurs froides, puis le retour tombe : l’entreprise paraissait prometteuse, la responsable semblait fiable, mais ne connaissait pas vraiment les réalités du poste et, au final, a vendu du rêve. L’essai professionnel, lui, reste un outil factuel : il permet à l’employeur de mesurer sur le terrain ce que le candidat sait faire.
5 signes qui disent que vous aurez le job
Le processus peut ressembler à une prise d’acte, mais l’indemnisation diffère selon la responsabilité. L’envoi d’un simple mail, même avec une faute sur le nom, laisse un goût amer. Le respect n’est pas un détail. Quand la description du poste ne colle pas, tout se brouille. « C’est moi qui vous impressionne, Monsieur », lâche la DRH. Le nom de l’entreprise, l’adresse et la raison sociale doivent être clairs quand on publie une offre. Si un salarié licencié obtient une nouvelle qualification, il peut faire valoir sa priorité de réembauche pour ce nouveau poste. L’audace en entretien, parfois rebelle, ne plaît pas toujours, mais permet de ne pas céder sur ses principes.
Parfois, le poste ne fait pas rêver, le salaire n’est pas à la hauteur, et l’entreprise traîne une réputation douteuse. La Cour de cassation a déjà jugé qu’un employeur ne peut invalider un recrutement sur la base d’une lettre de motivation écrite par l’épouse du candidat. Organiser un entretien avec le dirigeant la veille de la prise de poste, c’est aussi une façon de poser ses conditions.
Les RH ne se limitent plus à la paperasse. En recrutant, elles façonnent la stratégie de l’entreprise. Depuis la loi du 25 juin 2008, la durée et l’existence de la période d’essai sont encadrées par la loi, et la jurisprudence veille. Et côté données personnelles, la loi informatique et libertés protège les candidats : droit d’accès et de rectification sur simple demande à abonnements@challenges.
L’entretien d’embauche n’est pas un interrogatoire à sens unique. C’est aussi le moment d’observer l’entreprise et de savoir si l’on veut vraiment y travailler. L’employeur peut rompre l’essai jusqu’au dernier moment ; s’il oublie le délai de prévenance, le salarié pourra réclamer une indemnité en compensation. Certains candidats acceptent des postes à contre-cœur, quitte à s’éloigner de leurs objectifs. Mais mieux vaut ne pas s’enfermer dans une impasse professionnelle.
Accepter un poste qui coche toutes les cases sauf l’essentiel ? Certains le font, même en CDD sans espoir d’embauche, malgré un salaire décevant ou des trajets interminables. Fin de période d’essai, entretien houleux, hésitations… Derrière le choix, il y a aussi des contraintes concrètes : double loyer, déménagement, transports le week-end, solitude des débuts.
Les recruteurs aussi maîtrisent l’art du camouflage, et certains utilisent la PNL pour masquer leur pensée, rappelle Corinne Moret, responsable de cabinet. Les relances sont monnaie courante : trois mois d’attente, plusieurs entretiens, test personnalisé, et la réponse finit par tomber… parfois, seulement après avoir insisté. Ce manque de considération épuise et démotive. Un simple mail ne suffit pas toujours, surtout lorsqu’on attend une décision de la part d’une multinationale.
Prendre des notes sans vraiment dialoguer, c’est une posture qui trahit un manque d’écoute. Les délais de réponse s’allongent, et il n’est pas rare d’attendre plusieurs semaines pour un retour, surtout si l’on n’est qu’un second ou troisième choix.
Le rapport de force penche souvent du côté de l’employeur. Harcèlement, mauvais traitements, pression pour produire : certains salariés n’en peuvent plus d’être traités comme des pièces interchangeables et finissent par fuir les entreprises à problèmes. Mais il existe aussi des équipes saines, preuve qu’on n’est pas condamné à subir ces dérives.
Dans la réalité, si on vous considère comme le candidat idéal ou si l’entreprise a besoin de vous immédiatement, la réponse arrive vite. Sinon, pas de nouvelles après quelques jours ? L’annonce s’éloigne. Le respect du nom du candidat, la politesse élémentaire : tout compte dans une première impression. Rien de plus désagréable que d’entendre son nom écorché à répétition.
Respecter le délai de prévenance lors de la rupture de la période d’essai n’est pas une option : sinon, des dommages et intérêts peuvent être exigés. Sauf suppression de poste, motif économique ou discrimination, l’employeur doit justifier la rupture. Désormais, je pose toutes les questions nécessaires lors d’un entretien, même les plus directes, pour éviter les mauvaises surprises. Difficile de ne pas penser aux conséquences d’un changement politique sur les droits des salariés : 39 heures, moins de protections, pression accrue…
Les qualités relationnelles font la différence, surtout entre deux profils similaires. Le contrat de travail peut prévoir une durée d’essai plus courte que celle fixée par la loi, jamais plus longue. Rejeter un candidat pour une phrase malheureuse, c’est parfois se tirer une balle dans le pied : la concurrence, elle, ne s’en prive pas. Petit clin d’œil : pas besoin de lunettes pour voir plus loin que le bout de son nez.
Test graphologique à l’appui, il arrive que l’on découvre des conclusions absurdes sur sa propre personnalité, comme être catalogué « ennemi des livres » alors qu’on en est entouré au quotidien.
Le recrutement d’ingénieurs et de cadres sur mission précise est possible, pourvu qu’un accord de branche ou d’entreprise autorise ce mode d’embauche.
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Corinne Moret le rappelle : quand un recruteur s’intéresse à votre disponibilité, à la durée et à la négociabilité du préavis, c’est plutôt bon signe.
Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le Code du travail impose que les informations écrites demandées à un candidat soient traitées de manière à garantir leur anonymat, via une structure distincte de celle qui conduit l’entretien. La fameuse formule « sans nouvelles au bout de X semaines, considérez que vous ne correspondez pas » est désormais la norme, même pour les profils parfaitement adaptés. Il est même possible de faire appel à un salarié sous CDD pour remplacer plusieurs absents successivement. On peut aussi proposer un salaire plus élevé au remplaçant en CDD, tant que la justification est solide. Trouver la perle rare, réunir l’entreprise, le poste et la bonne équipe reste pourtant l’exception. Certains sites de recrutement favorisent la défiance envers les chômeurs de longue durée, ce qui ne correspond pas à la réalité, surtout en province où les offres sont rares et les employeurs parfois plus enclins à refuser qu’à embaucher. Dans d’autres cas, l’entretien se déroule idéalement, le salaire, le poste, la visite des locaux, tout est abordé, et une date de réponse précise annoncée.
Une offre écrite engage l’employeur, qui ne peut alors se rétracter sans risquer d’être condamné à verser des dommages-intérêts au candidat lésé. La période d’essai, précisée par l’article 1221-20, permet à l’employeur d’évaluer les compétences du salarié et au salarié de juger si le poste lui convient.
Le Code du travail prévoit que la prise d’acte de la rupture peut produire les effets d’un licenciement ou d’une démission selon les circonstances. Le CDD « seniors » existe aussi : 18 mois maximum pour les plus de 57 ans inscrits comme demandeurs d’emploi depuis plus de trois mois. Parfois, l’embauche vise à remplacer une personne encore en poste, ce qui explique un certain décalage dans le temps.
Un entretien groupé pour un poste de téléconseiller, à 8h du matin, quatre présents sur huit attendus, la productivité règne. Même avec un dossier complet sur l’entreprise et des questions préparées avec une coach, rien n’est jamais gagné d’avance. Si le salarié est absent, la période d’essai est prolongée.
Il arrive d’avoir le sentiment que tous les signaux sont au vert, mais l’attente d’une réponse peut décevoir, même lorsque tout semblait correspondre.
Comment éviter les erreurs de recrutement en tant qu’employeur
Recruter n’est pas un acte anodin. Pour minimiser les faux pas, il vaut mieux procéder avec méthode. Voici quelques étapes qui font la différence :
- Établir une description précise du poste, missions et compétences attendues comprises.
- Publier une offre claire et détaillée, indiquant qualifications, tâches, rémunération, durée du contrat.
- Mettre en place un processus de sélection solide, avec plusieurs entretiens et, si besoin, des tests adaptés au poste.
- Prendre le temps d’analyser chaque candidature pour trouver le bon profil.
- Vérifier les références, pour s’assurer de la sincérité du parcours et des compétences du candidat.
- Préparer l’intégration en amont : outils, formation, accompagnement personnalisé dès les premiers jours.
Le recrutement impacte la cohésion, l’ambiance et la performance de l’équipe. Rien ne sert de bâcler l’étape, mieux vaut s’entourer de professionnels si besoin : cabinets spécialisés, coachs, etc.
Les conséquences d’une mauvaise embauche pour l’entreprise et les collaborateurs
Les ratés en matière de recrutement laissent rarement l’équipe indifférente.
Un recrutement mal ajusté coûte cher : annonces, tests, gestion des candidatures, sans parler du temps passé. L’arrivée puis le départ précipité d’un salarié pèse sur la productivité et oblige parfois à tout recommencer, au détriment de l’agenda collectif.
Pour les collègues, le revers est net : ils se sont investis dans la formation du nouveau venu, voient leurs efforts réduits à néant et peuvent perdre leur motivation. La démotivation guette, surtout si la situation se répète.
La réputation de l’entreprise aussi peut en prendre un coup, auprès des clients, partenaires ou fournisseurs. Un turn-over élevé questionne la qualité de vie au travail et la fiabilité de l’organisation.
À ne pas négliger non plus, le risque juridique : l’employeur est responsable du bien-être et du développement professionnel de ses équipes. Un salarié mal recruté sur un poste à enjeux peut exposer l’entreprise à des poursuites, notamment en matière de sécurité ou d’aptitude physique.
La vigilance est donc de mise à chaque étape du processus. Un recrutement réfléchi, c’est la garantie d’éviter des dérapages coûteux, tant pour l’entreprise que pour ceux qui la font vivre.
En matière de recrutement, tout se joue souvent en quelques échanges. Un mauvais choix laisse des traces, un bon recrutement construit des histoires durables. Qui aura la lucidité de s’en souvenir au moment décisif ?

