On ne traverse pas une tempête économique en gardant les mains dans les poches. Dan Kersch, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, l’a martelé d’entrée de jeu : « Le chômage partiel a un impact significatif sur la population. Depuis la crise sanitaire, l’année a été très difficile, avec de nombreuses incertitudes pour les travailleurs concernés. Les personnes qui sont partiellement sans emploi préféreraient retourner au travail. »
Le dispositif du chômage partiel ne disparaîtra pas avant juillet 2021. Dan Kersch l’assure : une prolongation au-delà de cette échéance reste sur la table. Face aux lenteurs administratives, le ministre rappelle la complexité du dossier : « Vous ne pouvez pas deviner ce que les gens méritent. »
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Les chiffres qui dessinent la réalité
Quelques données permettent de mesurer l’ampleur du phénomène :
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- Plus de 153 000 personnes concernées par le chômage partiel à l’échelle nationale.
- Environ 1 300 entreprises n’ont pas encore régularisé leur situation vis-à-vis du chômage partiel.
- Plus de 3 000 dossiers ont trouvé une issue en décembre 2020, tandis que 800 restent à traiter.
- En février 2021, 4 450 entreprises ont déposé une demande de chômage partiel pour bénéficier des mesures spéciales applicables jusqu’au 30 juin 2021. À titre de comparaison, elles étaient 4 393 en janvier.
- Les secteurs de l’horeca, du tourisme, de l’événementiel, l’industrie et d’autres activités affectées continuent d’avoir accès au chômage partiel, à condition de préserver les emplois.
Pour soutenir entreprises et salariés dans la tourmente du Covid-19, des règles spécifiques autour du chômage partiel ont été instaurées avant le 30 juin 2021. Ce filet de sécurité s’est adapté à l’urgence et à la diversité des situations.
À retrouver : la conférence de presse du ministre
Vers une baisse du chômage en 2022 ?
Le marché du travail porte encore les stigmates de la crise sanitaire en 2021. D’après les projections, la dynamique de création d’emplois ne repart vraiment qu’en 2022, avec une hausse attendue de 2,8 % contre 1,7 % en 2021.
Cette reprise ne suffira pourtant pas à absorber toutes les nouvelles arrivées sur le marché. Résultat : le taux de chômage grimperait à 7 % à l’issue de la période. Le reflux attendu en 2022 ne serait donc que temporaire.
Prévisions gouvernementales sur l’emploi total

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Le retour à la normale n’a rien d’automatique. L’histoire du chômage partiel, ici, n’est pas celle d’un simple arrêt sur image : c’est une course d’endurance où chaque reprise s’accompagne de nouveaux défis. Qui anticipera la prochaine vague ? Les prochains mois apporteront leur lot de réponses, mais personne ne regarde le même horizon.

