Trouver le métier idéal avec un permis poids lourd

5 000 chauffeurs manquent à l’appel au Québec. Ce chiffre, brut, tape à l’œil, mais il dit tout : le secteur du camionnage cherche désespérément sa relève. Deux départs pour une seule arrivée, la balance penche du mauvais côté et la pénurie s’installe. Pierre Hudon, neuf ans de volant chez Demix Concrete, dévoile sans fard son quotidien, entre contraintes et satisfaction d’un métier où la demande ne faiblit jamais.

1. STONE, QUEL EST TON BOULOT ? Livrer du béton, c’est bien plus qu’un simple trajet de point A à point B. Parfois, la livraison se fait à quelques rues de l’usine ; d’autres fois, c’est un trajet de 80 kilomètres. Sept allers-retours en une journée, ce n’est pas rare. Chaque commande impose de jongler avec le chargement, la dépose et le respect du timing. Le béton ne coopère pas : la fenêtre pour le livrer reste étroite, deux heures maximum pour assurer sa qualité. Le droit à l’erreur n’existe tout simplement pas.

2. POURQUOI AVOIR CHOISI CETTE VOIE ? Impossible pour moi d’imaginer des journées cloîtrées derrière un écran. La route, elle, donne cet espace pour agir, décider, respirer. Ce métier a ses exigences, mais il apporte cette indépendance qu’on trouve rarement ailleurs. Pour ceux qui cherchent le mouvement plus que la routine, difficile de faire mieux.

3. QUELLES CONDITIONS POUR DEVENIR CAMIONNEUR ? D’abord, il faut avoir eu son permis de classe 5 pendant cinq ans au moins, avec un dossier de conduite décent. Vient ensuite le permis de classe 1, indispensable pour manier les poids lourds. Le DEP en Transport par camion trace la route la plus directe pour accéder à cette profession.

Au-delà de la conduite, les employeurs veulent souvent former en interne : méthodes de chargement, manipulation d’équipements spécifiques comme les camions réfrigérés pour les surgelés. Être capable de s’adapter vite fait la différence.

4. QUELS SONT LES DÉFIS PENDANT LA FORMATION ? Même les conducteurs expérimentés voient leurs habitudes bouleversées. Prendre le volant d’un camion, dompter l’embrayage, la boîte de vitesses, tout ça exige de la discipline. L’appréhension est normale au début, comme lors d’une prise en main toute neuve. Mais le métier permet de s’aguerrir rapidement, pourvu qu’on s’accroche.

5. OÙ EXERCER APRÈS DIPLÔME ? Les possibilités qui s’offrent après avoir décroché le titre de camionneur restent variées. Voici un aperçu des secteurs les plus demandeurs :

  • Les grandes entreprises de transport
  • Des compagnies aériennes, publiques ou privées
  • Les réseaux de transport collectif

Difficile de manquer d’options, le besoin de main-d’œuvre s’étend à toutes les régions.

6. QUELLES SONT LES FORCES ET LES CONTRAINTES DU MÉTIER ? La gestion du temps, c’est le nerf de la guerre. Impossible de savoir avec certitude quand la journée s’arrêtera : bouchons, météo, commandes imprévues, tout joue. Les journées filent, parfois sans répit. Un exemple : 3 000 heures travaillées en huit mois, voilà ce que ça représente. Il faut tenir le rythme, sans faiblir.

Mais il y a l’autre côté : la liberté, la confiance qu’on donne, le sentiment de tracer sa route à sa manière. Peu de métiers accordent cette autonomie, presque sans supervision.

7. Y A-T-IL DES RISQUES ? Évidemment, la liste n’est pas courte. Les surprises sur la route, les embouteillages, la fatigue. Sur le long terme, le corps encaisse : dos mis à l’épreuve, santé parfois bousculée par les heures d’assise prolongée ou les pauses reportées.

8. QUELLES QUALITÉS POUR EXERCER CE MÉTIER ? Fiabilité et sang-froid sont incontournables. Il faut composer avec la météo, savoir réagir en cas de souci et ne pas perdre patience dans la circulation. Aujourd’hui, respecter la règlementation, s’occuper des papiers, répondre à des contrôles fréquents font partie du quotidien. La capacité à apprécier la solitude, car certains jours la radio tient lieu de seule compagnie, aide à tenir sur la durée.

9. QUELLE RÉMUNÉRATION ESPÉRER ? Les salaires varient, selon l’expérience et les années passées au volant. On navigue généralement entre 16 $ et 30 $ de l’heure. C’est un métier où la stabilité financière grandit au fil du temps.

10. EST-IL POSSIBLE DE SE LANCER À SON COMPTE ? Monter sa propre entreprise et acheter son propre camion : c’est une possibilité. Mais avant, mieux vaut apprendre les ficelles, observer comment tourne le secteur. Sauter le pas trop tôt ne pardonne pas toujours ; chaque année vécue sur la route enrichit et prépare à ce virage.

Le camionneur trace son chemin là où tant d’autres hésitent. À travers tempêtes, bouchons, petits matins froids ou longues heures en solo, ce métier façonne des profils solides. Et tant que les routes s’étirent, la relève attend de se mettre en marche.

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